A toutes ces vies brisées... Et à ceux qui veulent en savoir toujours plus.

Publié le par Elegna

L'an dernier, après l'attentat du 13 novembre, je n'avais plus posté pendant de longues semaines. J'étais comme paralysé, je n'avais plus trop l'envie de grand chose. Paris était devenu triste, et si je dois m'y rendre tous les jours pour le travail, je ne voulais pas trop y rester. Je ne voulais même plus sortir au restaurant. Comble pour moi qui adore diner avec mes amis.
Alors jeudi, devant cette nouvelle tragédie qui s'est jouée à Nice, j'étais une fois de plus sans voix. Bien sûr, je le suis également pour les attentats qui ne sont pas commis sur le sol français. Toutefois, le traitement de l'information n'est pas la même. Parce que oui, ce qui me choque, au-delà de l'horreur, c'est le comportement des journalistes.
 
Je me suis exprimée à ce sujet sur mon profil personnel Facebook, mais je tiens également à en parler ici. Parce que même si nos vies doivent reprendre leur cours, je n'oublie pas l'horreur. Et parce que j'aimerais sincèrement que si de tels drames venaient à arriver de nouveau, les journalistes traitement différemment l'information.
 
Voici donc mon petit mesage, qui me tient à coeur
 
Quarante-huit heures après l’attentat qui a touché Nice jeudi soir, je pense aux victimes. Pour l’heure je me préoccupe moins de savoir si cet attentat est l’œuvre d’un homme sous la coupe de l’Etat Islamique ou d’un homme désespéré en train de divorcer qui commet l’irréparable, que de savoir comment vont être suivies les victimes. Car dans tous les cas, ce que l’on sait déjà, c’est que c’est l’œuvre d’un fou.
Mais aujourd’hui pensons aux victimes, à leur famille et à leurs proches. Après chaque attentat je suis consternée par les images qui sont diffusées par les télés, sur internet, et les images qui paraissent dans la presse écrite. Et le pire, c’est qu’on semble assister à une escalade, les journalistes ayant visiblement envie d’aller toujours plus loin dans les images chocs et les interviews sidérantes. Oui, elles sont sidérantes (et écœurantes), tout simplement parce qu’ils questionnent des personnes en état de sidération totale. Ils sont perdus, déboussolés, n’ont même pas le temps d’assimiler le décès de leur enfant(s), femme, époux, père, mère, ami(e)(s), qu’on leur met un micro sous le nez. Mais que voulez-vous qu’ils disent ? Que voulez-vous qu’ils ressentent ? Les journalistes sont-ils à ce point en manque d’empathie ?
Ils devraient comprendre qu’ils donnent une bien triste image de leur profession, et qu’ils saccagent le travail de leurs collègues intègres qui se battent réellement pour délivrer de vraies informations.
Par ailleurs, j’invite toutes les personnes qui voient des vidéos postées par des « particuliers » montrant des corps (comme j’ai pu voir sur Facebook), ou des personnes ensanglantées à les signaler. J’ai parfois l’impression que certaines personnes oublient que ce n’est ni un film, ni un jeu. Ces gens sont bel et bien morts. Respectons-les, et respectons leur famille. Le voyeurisme poussé à ce point est écœurant, et n’apportera rien à personne. J’insiste d’autant plus que de très jeunes adolescents sont sur les réseaux sociaux, et ça me navre de savoir des jeunes exposés à tant de violences.
Et la question se pose : à trop diffuser ce type d’image, cela ne crée-t-il pas une banalisation de l’horreur ?
A méditer…
A toutes ces vies brisées... Et à ceux qui veulent en savoir toujours plus.

Publié dans Humeurs

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